07 octobre 2010
L'artiste contemporain fait n'importe quoi. FAUX.
"Le public non averti, et qui se défend d'être spécialiste, reste dubitatif devant un monochrome, face à un tableau sur lequel ne figurent que quelques traits de couleur, ou, confronté à une installation hybride, il de demande si c'est de l'art, si "ça" veut vraiment dire quelque chose. Le plus souvent, il trouve cela sans intérêt, laid, mal fait ou pas fini. Il pense que c'est n'importe quoi, que tout le monde peut en faire autant. Il ne comprend pas pourquoi on met "ça" dans un musée, encore moins que l'oeuvre est exemplaire. Bref, il trouve que, vraiment, l'artiste se moque du monde.
Décider de vivre de son art constitue un engagement intellectuel, moral et matériel sans équivalent, comparable à un saut dans le vide. Créer répond à une nécessité intérieure plus forte que le désir d'occuper une position sociale ou de gagner de l'argent. Il faut vraiment croire en soi pour entreprendre quelque chose que personne ne vous demande, qui ne répond à aucun besoin immédiat et qui vous renvoie à votre solitude de créateur."
Elisabeth Couturier
03 janvier 2010
Censure.
" Autrefois, afin que certaines idées jugées subversives par le
pouvoir en place n'atteignent pas le grand public, une instance
policière avait été instaurée : la censure d'Etat, chargée d'interdire
purement et simplement la propagation des oeuvres trop subversives.
Aujourd'hui la censure a changé de visage. Ce n'est plus le manque
qui agi mais l'abondance. Sous l'avalanche ininterrompue d'informations
insignifiantes. En multipliant les chaînes de télévision, en diffusant
au kilomètre des musiques similaires, on empêche l'émergence de
courants nouveaux. Ceux-ci seraient de toute façon submergés sous la
masse de production. La profusion d'insipidités identiques bloque la
création originale, et même les critiques qui devraient filtrer cette
masse n'ont plus le temps de tout lire, tout voir, tout écouter. Si
bien qu'on en arrive à ce paradoxe : plus y il a de chaînes de
télévision, de radios, de journaux, de supports médiatiques, moins il y
a de diversité de création. La grisaille se répand. "
Bernard Werber, L'encyclopédie du savoir relatif et absolu.
23 août 2009
Car cela a beau être ignoble ce n'est pas entièrement faux.
"
Je m'en branle de l'humanité, qu'est-ce qu'elle a fait pour moi je me le demande. S'ils sont assez cons pour s'égorger se bombarder se napalmiser s'exterminer je n'userai pas mes yeux à pleurer. Un million d'enfants massacrés et après ? Les enfants ce n'est jamais que de la graine de salauds ça désencombre un peu la planète ils reconnaissent qu'elle est surpeuplée alors quoi ? Si j'étais la terre ça me dégouterai toute cette vermine sur mon dos je la secouerait. Je veux bien crever s'ils crèvent tous.
"
Simone de Beauvoir, Monologue
13 août 2009
J'ai toujours su que ceux qui se moquaient tout le temps étaient les plus bêtes...
"
Je puis donc conclure que la passion du rire n'est rien d'autre qu'une gloire soudaine qui naît de la brusque prise de conscience d'une supériorité en nous, par comparaison avec les faiblesses des autres, ou avec notre faiblesse passée [ ... ] Il n'est donc pas étonnant que les hommes prennent très mal le fait d'être moqués ou raillés, c'est à dire en fait que l'on triomphe d'eux [ ... ] C'est une vaine gloire, et un argument de peu de valeur, de penser que les faiblesses d'un autre sont un objet suffisant de triomphe.
"
Thomas Hobbes
02 août 2009
Alors que ça mousse !
" La vie, qu'est-ce que c'est que la vie ?
C'est un risque.
Si tu n'as pas risqué, tu n'as pas vécu.
C'est le risque qui donne...un certain champagne. "
Soeur Emmanuelle
27 juillet 2009
Du culte en veux-tu en voilà.
"
C'est là qu'on sait qu'on fait une bonne rencontre, quand on peut fermer sa gueule une minute et savourer le silence.
"
23 juillet 2009
Des fleurs pour Salinger.
" Le meneur de jeu les a lachés sur la question des logements construits pas l'État, et Franny a répondu qu'elle détestait les maisons qui se ressemblent toutes - elle en avait justement à ces rangées de maisons identiques que construisent les services officiels ; et Zooey, lui, a répondu qu'il les trouvait "bien". Il a dit que ce serait très "bien" de croire rentrer chez soi et pénétrer chez le voisin par erreur. De dîner avec des inconnus par erreur, de dormir dans le lit d'un autre par erreur et d'embrasser tout le monde le matin avant d'aller au travail, en pensant que c'est votre propre famille. Il a ajouté qu'il aimerait bien que tous les hommes et les femmes se ressemblent comme ces maisons. Comme ça on croirait que tout les gens qu'on rencontre sont vos pères, votre frère, votre femme, et les gens passeraient leur temps à se jeter au cou les uns des autres, et comme ça tout serait très "bien". "
J-D Salinger, Dressez haut la poutre...


